Compte-rendu du rassemblement du vendredi 30 mars

Publié le par soutien

Une journée bien froide, sans doute une des dernières que cet hiver nous a réservées. Nous nous attendions même à la pluie, qui nous a été épargnée, car M. Lagardère, qui contrôle un certain nombre d’organes de presse n’a pas encore acheté la météo. Nous nous sommes réchauffés en pensant aux belles journées de printemps et d’été qui nous attendent devant notre magasin préféré si les Prud’hommes n’ordonnent pas la réintégration d’Amandine le 6 avril prochain. Il serait vraiment dommage que l’enseigne puisse s’en tirer à si bon compte que ça, juste au moment où l’on commence à y prendre goût.
 

Cette fois il n’y avait plus de contre-manifestation de l’intersyndicale à la botte de la direction, qui sans doute a l’impression d’en avoir fait un peu trop. Pas d’huissier non plus. Il ne pourrait d’ailleurs que constater que nous sommes d’une parfaite courtoisie en nous bornant à informer la clientèle sur les pratiques sociales qui ont cours dans le magasin et sur l’enseigne. On dirait qu’ils commencent à être regardants sur le sou. D’ailleurs le magasin ne va pas bien et continue de ne pas payer la prime que le Directeur a eu la mauvaise idée d’évoquer après la manif du 3 mars. Sur ce sujet, on ne va pas le lâcher de sitôt. Le grand panneau qui dénonce notre présence est en revanche réapparu au dépens de la playstation. On dirait que la direction ne sait plus comment s’y prendre et fait des choses contradictoires. Elle n’est d’ailleurs pas à sa première bêtise.

Pour la deuxième semaine consécutive, nos amis spécialisés dans le barouf, n’on pas pu être présent, pris par d’autres engagements. Nous avons donc, à l’aide du mégaphone, donné libre cours à notre dialogue avec le Directeur en le félicitant tout d’abord pour avoir réussi son élection au Comité d’Entreprise avec 5 autres salarié-es du magasin. C’est en effet une première : le Directeur pourra aimablement discuter en CE de la mise en place du prochain plan social et, avec ses potes syndicalistes, il pourra choisir les salarié-es à virer. Les conditions parfaites pour un véritable « partenariat social ». Nous savions jusque là que certaines pratiques étaient répandues dans le monde du nettoyage, mais c’est la première fois que nous les retrouvons – étalées au grand jour – dans le secteur du commerce, en plein Paris. On n’arrête pas le progrès.

Toujours à l’aide du mégaphone un « conseiller du salarié », collègue d’Amandine, a manifesté sa solidarité. Très intéressant aussi le témoignage d’un ancien salarié qui travaillait dans ce magasin (quand l’enseigne était encore Extrapole, rachetée et rattaché à l’actuel Virgin), qui nous racontait son expérience : la délation était déjà largement utilisée comme moyen de contrôle des salarié-es, poussés les uns contre les autres. On avait monté une cabale contre lui pour le virer. Malheureusement son chef, après l’avoir viré, s’est à son tour retrouvé dehors quelques mois plus tard. C’est bien ce qu’on essaye de faire comprendre au Directeur en l’assurant de notre préventive solidarité.

Nous avons eu aussi la surprise de trouver scotché sur la porte du magasin l’article que Le Nouvel Observateur (dans son supplément local Paris Obs) a consacré à Amandine. La journaliste a pondu un texte people, tiré d’une télénovela larmoyante, mais n’anticipons pas. Nous le lirons ensemble vendredi 6 et nous ferons ensuite le compte-rendu de cette hilarante lecture.

Publié dans Action

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