Compte-rendu du rassemblement du vendredi 13 avril

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Après la non-décision des prud’hommes du vendredi 6 avril, qui renvoie l’affaire sur le fond (et donc de plusieurs mois), notre action s’installe dans la durée. Nous comptons démontrer à Virgin que son choix de licencier Amandine était mauvais aussi bien pour ses affaires que pour sa publicité. Le patron (attentif aux résultats) ne pourra qu’en être mécontent à son tour et tôt ou tard, il demandera des comptes à ceux qui ont pris cette décision et mené de bout en bout une politique sociale pourrie, ponctuée de licenciements plus arbitraires les uns que les autres. Ils ont raté l’occasion d’en sortir honorablement face à une décision de justice, ils seront de toute façon obligés de procéder à cette réintégration.
 
Nous comptons aussi leur démontrer que l’idée de laisser pourrir la situation, misant sur notre épuisement, est un très mauvais calcul, comme ont pu s’en apercevoir il y a quelques années le groupe Accor et Mc Do France, confrontés eux aussi à l’action d’un collectif de solidarité ayant les mêmes caractéristiques que le nôtre. Car c’est bien ça le problème : avec nous, le chantage à l’emploi ne fonctionne pas, car nous (en majorité) ne travaillons pas pour Virgin.
 
Les beaux jours arrivent et notre rendez-vous du vendredi soir commence à être connu dans les milieux militants, qui ne manqueront pas d’y participer au grand dam de notre chère direction. Il faut dire aussi qu’ils commencent à être sérieusement préoccupés car, à ce dernier rassemblement, ils ont poussé la force publique à exercer des pressions sur nous. L’agent qui nous a transmis le message exprimait bien la préoccupation de la direction : vous ne devez  pas, nous a-t-il dit, empêcher les clients de rentrer dans le magasin en vous mettant juste devant les portes sans compter que depuis le début vous n’avez demandé aucune autorisation. En réalité, nous n’empêchons nullement les clients de rentrer, nous bornant à les informer par l’écrit et la parole des pratiques sociales du magasin et de l’enseigne, exerçant ainsi nos droits constitutionnels. Ce qui semble provoquer, petit à petit (mais nous sommes patients) une baisse modeste mais régulière de la fréquentation. Une bonne nouvelle qui ne peut qu’accentuer notre détermination. Nous comprenons bien aussi l’agacement des policiers, obligés d’être en faction devant ce magasin où rien de grave ne se produit et empêchés d’aller porter secours à la veuve et à l’orphelin, mais il ne faut pas qu’il se trompent eux non plus : prendre ouvertement  position pour le patron dans un conflit du travail (en traitant l’affaire comme un « trouble à l’ordre public ») ne ferait que nous obliger à recourir à d’autres formes d’action plus impromptues et imprévisibles.
 
La soirée s’est bien déroulée, les clients et les passants étaient informés et amusés. Nous avons rappelé à notre Directeur, délégué au CE, que nous le lâcherons pas de sitôt, et que, lorsqu’il se fera virer pour son évidente incapacité à gérer le magasin sans provoquer de remous, nous saurons lui taper sur l’épaule. Cette fois, le grand panneau placé dans la vitrine pour informer les clients de la réprobation « des salariés » avait disparu, ainsi que les affiches avec la prose directoriale sur les portes. Exit la contre-manifestation de l’intersyndicale à la botte du patron. On dirait qu’ils commencent à s’apercevoir qu’ils en ont trop fait. On verra la suite vendredi prochain !

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